Orchidées fleurs

0 81

En quoi les orchidées sont-elles donc si exceptionnelles ? Qu’ont-elles de particulier ? Leur beauté exotique, sans doute, explique en partie leur valeur aux yeux du public, quoique certaines d’entre elles soient si discrètes qu’elles se distinguent à peine dans un foisonnement de roses, d’iris ou de mufliers.

Orchidée Paphiopedilum. © Tsui, CC by-sa 3.0

Orchidée Paphiopedilum. 

Dans cette importante famille de plantes (avec presque 30.000 espèces recensées !), les modes de vie diffèrent beaucoup des autres végétaux. Tout chez l’orchidée est original : sa floraison, son habitat, ses astuces pour survivre et se reproduire, aux dépens de ses hôtes involontaires.

Paphiopeditum raïta. © Michel Caron

Paphiopeditum raïta.  

Une association avec des champignons

Les orchidées tropicales, en règle générale, ne plongent pas leurs racines dans la terre, mais poussent sur les arbres, le plus près possible de leur cime. Leurs graines sont assez légères pour que le vent puisse les emporter, une seule capsule séminale pouvant en compter en moyenne 100.000, parfois plusieurs millions de graines microscopiques ! Ces semences sont dépourvues d’albumen, c’est-à-dire qu’elles ne possèdent pas de réserves de substances nutritives, si bien que pour germer, elles dépendent de certaines espèces de champignons leur procurant les hydrates de carbone indispensables à leur croissance.

C’est la raison pour laquelle les premières cultures d’orchidées en serre présentèrent tant de difficultés car on ignorait encore leurs rapports avec ces cryptogames. Aujourd’hui, on se passe de ces derniers, les graines germant dans un milieu de culture saturé d’une solution à forte teneur en glucose.

Angraecum veitchii. © Michel Caron

Angraecum veitchii.   

Une vie dans les arbres

Les orchidées tropicales n’ont pas « grimpé » aux arbres par hasard. La nécessité les a forcées à s’adapter à une vie dépourvue de terre car elles ont avant tout besoin de la lumière du soleil qui, on le sait, est rarissime au sol dans les forêts, à cause de la densité du feuillage. Elles n’avaient donc pas d’autres recours que de devenir les locataires de ces arbres qui les dépossédaient d’un soleil indispensable à leur croissance.

Cymbidium erythraeum 'Paradise'. © Éric Hunt

Cymbidium erythraeum ‘Paradise’.  

Les « épiphytes », c’est ainsi qu’on les nomme (du grec : « ce qui pousse par-dessus ») ne sont pas pour autant des parasites, comme le gui par exemple, car elles ne s’alimentent pas aux dépens de la plante sur laquelle elles vivent, mais se contentent de l’utiliser comme hôte. Elles s’abreuvent directement dans l’air saturé d’eau et se nourrissent des substances apportées par le vent ou des gouttes de pluie. C’est pour ces raisons que les orchidées de nos forêts ne recherchent pas le faîte des arbres, la pluviométrie y étant trop faible.

Aériennes, les racines

Comme les orchidées n’ont pas accès à la terre nourricière, elles survivent grâce à des racines aériennes recouvertes d’une couche de tissus cellulaires morts, le « velamen », dont le rôle est d’absorber la pluie, la rosée et même le brouillard. Les tissus vivants internes y puisent l’eau dont la plante a besoin. Une partie de cette eau, ou des substances nutritives, est alors stockée dans des « pseudobulbes », c’est-à-dire par des tiges réservoirs en forme de bulbes recouvertes d’une membrane. Grâce à cette dernière, ces petites citernes vitales sont à la fois à l’abri du vent, donc d’une trop rapide évaporation, ainsi que des rayons desséchants du soleil tropical.

D’autres espèces d’orchidées ne vivent pas uniquement de l’air humide et de la pluie. Dans leur pétale en forme de coupe, elles recueillent aussi toutes sortes de substances organiques mortes, d’origine végétale ou animale. Lorsque la fleur se fane et tombe, elle se transforme en humus, aussitôt absorbé par certaines racines spécialisées.

Pephiopedilum armeniacum. © Michel Caron

Pephiopedilum armeniacum.  

Orchidées terrestres

Il existe une cinquantaine de variétés d’orchidées qui ne ressemblent pas à leurs cousines vivant dans les arbres tropicaux. Ces plantes disposent en effet de racines qui se développent dans la terre et on peut en trouver dans certaines forêts françaises, comme l’Orchis grenouille, l’Orchis singe, l’Orchis frelon, l’Orchis araignée, etc., malheureusement en voie de disparition à cause de cueillettes abusives.

Des floraisons magnifiques

C’est une évidence, les fleurs d’orchidées sont parmi les plus subtiles créations de la nature. Aucune autre famille de plantes ne présente une telle multiplicité de formes et de couleurs. Et pourtant, dans chaque fleur, on retrouve toujours le même modèle : trois pétales et trois sépales. L’un des pétales est plus grand, plus coloré que les autres et d’une forme particulière : c’est le labelle, fait pour attirer l’attention de l’insecte butineur et le faire plonger au cœur de la fleur.


Paphiopedilun 'Albert Février'. © Michel Caron

Paphiopedilun ‘Albert Février’.  

C’est là, en effet, que se trouve le gynostème, un organe complexe que les orchidées sont seules à posséder et qui réunit les organes reproducteurs mâle et femelle (étamines et stigmate) de la plante. Le pollen mâle s’y agglutine en masses compactes gluantes (les pollinies) qui adhèrent aux poils des insectes et au bec des oiseaux-mouches. Lorsque l’insecte ou le volatile visitera une autre fleur, il déposera les pollinies sur son stigmate. Un procédé astucieux !

Des pièges pour favoriser la pollinisation

Tous les moyens sont bons pour attirer les insectes pollinisateurs ? Certaines orchidées exhalent le parfum du citron, d’autres celui de la cannelle, de la vanille, de la girofle ou du poivre. D’autres ont l’odeur capiteuse du lilas ou le doux parfum de la violette. D’autres enfin, parmi les plus magnifiques, sentent si fort la charogne que leur puanteur n’a d’égale que celle de la viande en putréfaction, afin d’attirer les mouches !

Coryanthes speciosa 'Won Hee'. © Éric Hunt

Coryanthes speciosa ‘Won Hee’. 

Le piège du magnifique Coryanthes sud-américain est tout aussi perfectionné. Ses glandesspécifiques lui permettent d’attirer les insectes grâce à une sécrétion qui les drogue, les conduisant alors à glisser dans un entonnoir empli de liquide. Pour en sortir, ils n’ont alors qu’une solution : s’agripper au gysnostène qui émerge au-dessus du liquide, chaque insecte piégé contribuant ainsi à la pollinisation !

Catasetum planiceps. © Éric Hunt

Catasetum planiceps. © Éric Hunt 

D’autres orchidées, comme le Catasetum d’Amérique centrale et australe, possèdent un astucieux mécanisme leur permettant de catapulter du pollen sur les insectes qui se posent sur leurs fleurs. Certaines variétés asiatiques disposent d’un labelle mobile qui plaque l’insecte pollinisateur contre le gynostème, pour être certaines que le pollen sera bien transmis à son destinataire. Certaines orchidées agitent aussi un labelle velu dans le vent, ressemblant parfaitement à la femelle de certains insectes, de façon à attirer le mâle !

Les orchidées en fleurs coupées

Les compositions florales d’orchidées sont magnifiques et largement commercialisées ; les fleurs coupées sont utilisées par de nombreux amateurs. Une eau fraîche souvent renouvelée leur assure une longue durée. Ne laissez jamais les tiges se déssécher et taillez l’extrémité inférieure chaque fois que vous changez l’eau.

vanda-sumon-spot

  Cette opération facilite l’absorption de l’eau et prolonge la durée des fleurs. Si elles se ramollissent, trempez-les entièrement environ une demi-heure dans de l’eau tiède pour les revitaliser. Si les tiges jaunissent ou se décomposent, supprimez la partie abîmée et changez l’eau. Certaines fleurs dureront au moins une mois à l’intérieur, dans des conditions fraîches et avec des vaporisations occasionnelles. Ne placez  pas les orchidées à proximité de fruits mûrs, de légumes ou de fleurs fanées car elles sont très sensibles à l’éthylène, dérivé naturel de la maturation ou de la décomposition.

  Vanda

oncidium-aloha-detail

Oncidium

Le graphisme de certaines fleurs, comme Phalaenopsis, est très moderne ; il suffit à lui-même ; une hampe florale unique produit un effet superbe dans une simple composition, tandis que les fleurs d’autres genres sont plus à leur avantage dans des bouquets fournis et colorés. La rigidité des tiges et le poids des fleurs le font parfois retomber. Pour y rémédier, utilisez une pique-fleur au fond du vase ou maintenez les fleurs en postion en attachant ensemble plusieurs hampes florales. Composez votre bouquet en fonction des formes et des courbures des grappes, pour bien les mettre en valeur, et adaptez votre vase à la longueur des tiges. Paphiopédilum, Phalaenopsis, Cymbidium sont  d’excellentes fleurs à coupées, et les types orientaux, tel qu’Oncidium, Dendrobium et Vanda sont spécialiement cultivés pour cet usage. Vous les trouverez facilement chez les fleuristes ou sur les marchés.

orchidee-phalaenopsis-2.jpg

Phalaenopsis

651Cymbidium_Hybrid.jpg

Cymbidium Hybride

Leave A Reply

Your email address will not be published.